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Les cantonniers à l’œuvre

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Le terrain du service de la Propreté urbaine c'est le centre-ville mais aussi ses alentours. Soit 46 km de bords de routes également jonchés de déchets de toutes sortes que les cantonniers ramassent quotidiennement. Nous retrouvons l’équipe de Pierre-Antoine Altieri

17 septembre 2023

Rendez-vous sur le terrain avec Pierre-Antoine Altieri, chef de secteur propreté urbaine depuis 1986. Il représente la « vieille garde de la propreté », souligne dans un sourire complice Pierre-Laurent Caccavelli. Le directeur du service de la propreté urbaine, debout à ses côté fait un point sur le nettoyage qui va être opéré sur le secteur du Ricanto entre le giratoire du Vazzio et celui de l’aéroport. Soit près de 8 km linéaire en comptant la route du Vazzio à débarrasser de plastique sous toutes ses formes, de canettes, de paquets de cigarettes, d’emballages de fast food. De tout ce qui est issu de produits consommables à usage unique, jeté par la fenêtre par les automobilistes ou ce qui s’échappe parfois des camions. Les sacs se remplissent vite et les gestes pour attraper les objets sont rapides. En moyenne, les agents remplissent trois sacs d’environ 8kg, soit 96 kg / semaine, soit 5 tonnes par an.

ENJEU ENVIRONNEMENTAL

Le secteur est ici nettoyé chaque semaine l’après-midi. « Monsieur Altieri » est un ancien, avec une implication dans sa mission toujours aussi vive. Le chef de secteur est secondé par une « petite équipe », indique-t-il, Daniel Piazza d’Olmo et Isabelle Allodi dont c’est le premier jour. Daniel, lui compte à son actif un an dans ce service « J’aime ce que je fais, dit-il un sac dans une main et pince de l’autre. Ce n’est pas évident tous les jours, ni à toutes les saisons, mais Monsieur Altieri est quelqu’un de très humain et nous travaillons dans une bonne ambiance », poursuit le jeune cantonnier en regardant autour de lui le décor non moins agréable. Les abords de la voie qu’ils nettoient sont arborés de pins et de végétation et longent quasiment la mer. « J’ai créé cette équipe pour intervenir sur ce secteur où l’enjeu environnemental est important, ici tous les déchets qui ne sont pas ramassés finissent à la mer », explique pour sa part le directeur de la PU.
 

Le résultat se voit sur le long terme et chaque jour un peu mieux.

SUR LE PONT

Chaque jour les équipes sont sur le pont, celle du matin sillonnent le centre-ville, puis celle de l’après-midi pour couvrir un secteur différent chaque semaine sur une zone allant du Ricanto à la Parata, jusqu’à Grand Capo à l’ouest et à l’est jusqu’à la route d’Alata et les Milelli. Quatre parcours de 46 km de routes communales, départementales et même territoriales. La mission demande une forte implication des agents et une certaine sensibilité aux enjeux environnementaux. Le résultat se voit sur le long terme et chaque jour un peu mieux.

« Nous avons dû rattraper un retard accumulé sur des années en réalisant un travail de fond sur le terrain, le secteur du Ricanto par exemple, est bien plus propre qu’il y a deux ans en arrière. Nous sommes passés de huit sacs remplis à deux sacs maximum », se réjouit Pierre-Antoine Altieri. Est-ce le résultat d’un changement de comportement, plus vertueux ?

Certes les incivilités sont le fait d’une minorité, mais elles sont encore trop nombreuses.

Un comportement paradoxal est souvent constaté, on est vertueux mais pas toujours complètement. Il n’est pas rare de trouver des sacs de tri posés sur des containers dédiés parce qu’ils sont pleins alors que d’autres containers se trouvent à proximité. Ce qui est dommageable car un sac de déchets abandonné occasionne l’éparpillement de son contenu plusieurs mètres plus loin, dû au vent ou aux animaux et autres volatiles.

Certes les incivilités sont le fait d’une minorité, mais elles sont encore trop nombreuses. Cependant, « les gens sont davantage sensibilisés certainement, mais c’est surtout l’effet de nos passages réguliers, car la régularité paye », affirme Pierre-Laurent Caccavelli qui poursuit avec un réalisme évident : « On ramasse moins, mais on ramassera toujours ce qui est jetable et à usage unique ». Une sorte de mythe de Sisyphe accepté que Pierre-Laurent Caccavelli enrichira d’une nouvelle mission la gestion de la stratégie politique des déchets. A suivre.
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