Chaque transformation majeure d’un territoire, chaque avancée qui bouscule les habitudes, amène son lot de doutes et de questionnements. C’est le propre des sociétés démocratiques que d’en débattre, d’échanger et de confronter les points de vue. Mais entre le débat constructif et l’instrumentalisation politicienne, existe un fossé dans lequel certains s’enfoncent à l’envi.
Depuis quelques heures, à la faveur d’un article de presse, plusieurs groupes d’opposition s’élèvent, non pas pour proposer, enrichir ou contribuer à l’amélioration du projet, mais pour instiller la peur. Cette soudaine agitation ne relève ni d’une prise de conscience, ni d’un souci sincère pour l’avenir d’Ajaccio et de son agglomération. Elle est le symptôme d’une opposition qui, après cinq années de mutisme et d’absence dans les instances de décision, tente maladroitement de se forger une existence à l’approche des élections municipales de 2026.
Depuis des mois, les services et les élus de la Ville d’Ajaccio et de la Communauté d’Agglomération du Pays ajaccien (CAPA) ont travaillé, proposé, argumenté et obtenu des financements pour porter un projet d’intérêt général. Nos détracteurs, eux, n’ont rien construit, rien avancé, rien suggéré. Où étaient-ils lorsque nous avons élaboré les solutions de mobilité pour le Pays ajaccien ? Où étaient-ils lorsque nous avons engagé des études, mobilisé des expertises et structuré une réponse à l’engorgement chronique de notre ville ?
La ficelle est grossière. Il est aisé de convoquer des images anxiogènes et analyses caricaturales, de brandir des hypothèses dramatiques et de souffler sur les braises de la désinformation. C’est l’apanage du populisme le plus primaire, dans une société où, très souvent, règnent l’émotion et le mépris de la vérité.
Les faits, eux, demeurent : le téléporté est un projet ambitieux et innovant, financé partout ailleurs par l’Europe (Fonds FEDER dont la Collectivité de Corse est autorité de gestion) et ici seulement par l’État. Il contribuera à désenclaver une entrée de ville asphyxiée, où se sont construit, un palais des sports et des spectacles, un collège de 700 élèves, un hôpital avec plus de 2 000 agents, des milliers de logements, des centres commerciaux… sans jamais anticiper les flux et les contraintes d’accessibilité (rappelons que les infrastructures routières relèvent de la compétence de la Collectivité de Corse). Il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’une approche rationnelle, complémentaire des autres moyens de transport et inscrite dans une stratégie globale de mobilité.
Loin de la vacuité des postures, nous assumons notre responsabilité d’élus. Gouverner, ce n’est pas agiter des peurs, c’est prendre des décisions.
Nous continuerons à œuvrer pour une ville et un territoire où chacun peut se déplacer plus aisément, sans être prisonnier des embouteillages quotidiens.
Nous continuerons à anticiper les défis du Pays ajaccien, au lieu de céder à l’immobilisme et à la démagogie.
Nous continuerons à agir dans l’intérêt de nos concitoyens, et non dans celui des ambitions personnelles.
Le débat sur la mobilité en Corse mérite mieux que des imprécations stériles et des gesticulations politiciennes. Patience, le temps de la campagne électorale viendra.
Les projets d’envergure suscitent toujours leur lot de scepticismes et d’attaques, mais c’est précisément l’audace et la vision qui transforment les territoires. Ce téléporté n’est pas une lubie, il est une réponse concrète aux défis de mobilité du Pays ajaccien. Et dans quelques années, lorsque cet équipement sera pleinement intégré au quotidien de nos concitoyens, il s’imposera comme une évidence, tout comme l’ont fait avant lui tant d’infrastructures d’abord combattues puis unanimement adoptées.
L’histoire retiendra qui a agi concrètement pour le territoire du pays ajaccien et qui a tenté, en vain, d’entraver son développement.