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Ajaccio célèbre sa libération et les liens historiques qui l’unissent aux États-Unis

9 septembre 2026

Aiacciu cilibreghja a so libarazioni è i lei storichi incù i Stati Uniti

Ce mercredi 9 septembre, Ajaccio, première ville française libérée, a rendu hommage aux résistants corses et rappelé l’histoire partagée qui unit la Corse et les États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette matinée de commémoration, placée sous le signe du recueillement et de la transmission, s’est déroulée en présence de Jérémy Berndt, consul général des États-Unis à Marseille, accueilli par le maire et président de la CAPA, Stéphane Sbraggia.

« Le plus magnifique porte-avions à proximité des côtes de Provence était maintenant à la disposition des Alliés. Lorsqu’il sera aménagé, il permettra l’envol des chasseurs et des bombardiers légers dans des conditions exceptionnelles », écrira le général Giraud, instigateur tactique de la libération de la Corse, dans un contexte où ni le général de Gaulle ni les Alliés n’y étaient favorables. Une phrase qui résume à elle seule le rôle de l’île après sa libération à l’automne 1943 : sa position stratégique en Méditerranée en fit la clef de voûte des plans alliés, qui y installèrent dix-sept aérodromes en quelques mois. Jusqu’à 50 000 aviateurs et soldats américains y séjournèrent, parmi lesquels des unités mythiques comme le 57th Fighter Group. « USS Corsica » – du nom donné aux porte-avions américains – fut le surnom donné à l’île, qui contribua notamment à la réussite du débarquement de Provence en août 1944. 

Ce mercredi 9 septembre 2026, c’est donc cet épisode de la petite histoire, imbriquée dans la grande, que l’on célébrait à Ajaccio, entre hommage aux principaux résistants corses tués pendant l’occupation italienne ou morts en déportation, et devoir de mémoire auprès des jeunes générations. Une journée qui, au-delà de rappeler les liens historiques unissant la Corse et les États-Unis, prend une résonance particulière puisqu’elle s’inscrit dans l’année du 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine. 

« Ajaccio se souvient de ce qu’elle doit aux résistants corses, à ceux qui sont tombés durant l’occupation et à ceux qui sont morts en déportation. Aux côtés du consul général des États-Unis, nous avons aussi rappelé les liens profonds qui unissent la Corse et les États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. J’ai été particulièrement touché par la présence des élèves, car cette mémoire n’a de sens que si elle est partagée, comprise et transmise à la jeunesse », a déclaré Stéphane Sbraggia. 


Un hommage aux résistants corses et aux victimes de la déportation 

La matinée a débuté avec la cérémonie civile et militaire au monument de la Résistance, port Tino Rossi, en présence de Jérémy Berndt – qui effectuait sa première visite officielle dans la ville depuis sa nomination – et d’Éric Jalon, préfet de Corse, reçus par le maire d’Ajaccio et son conseil municipal. Au son de l’hymne américain et de la Marseillaise, suivis des chants des combattants, la cérémonie s’est déroulée en plusieurs temps forts, parmi lesquels la lecture d’un extrait du discours prononcé par le général de Gaulle à Ajaccio le 8 octobre 1943, avant le traditionnel dépôt de gerbes. 


Le film « USS Corsica » présenté aux jeunes Ajacciens 

La délégation a ensuite poursuivi la séquence à l’Hôtel de Ville pour un temps fort consacré au devoir de mémoire. Une centaine d’élèves des classes de défense des collèges ajacciens et de la section Dual Diploma du lycée Saint-Paul — double cursus menant au baccalauréat français et au US High School Diploma — ont été accueillis par le maire, accompagnés de leurs enseignants et de jeunes porte-drapeaux. 

Après son discours de bienvenue, cet épisode historique a pu être relaté à travers la projection du film USS Corsica – La Corse et les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale, de Matthieu Verdeil, auteur et réalisateur d’une série pédagogique sur la Seconde Guerre mondiale, réalisé avec le soutien de l’Ambassade des États-Unis en France et du Consulat général des États-Unis. Ce documentaire est aussi une œuvre collective, initiée par une Ajaccienne, Catherine Sorba, qui a œuvré à faire vivre cette mémoire malgré sa disparition prématurée. 

Conçu pour un public de collégiens et lycéens, le film éclaire la guerre en Corse, la constitution de la Résistance et la libération de l’île, avant d’ouvrir sur un épisode plus méconnu : celui d’une Corse devenue base stratégique pour les États-Unis en Méditerranée. 

La matinée s’est achevée par un temps d’échanges avec le public, les représentants du Consulat des États-Unis, de l’Éducation nationale, de la Marine nationale et de l’ONaCVG. Une journée de recueillement et d’échange, pour faire mieux connaître aux plus jeunes cette page encore trop souvent méconnue de l’histoire qui lie Ajaccio, la Corse et les États-Unis. 

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