Actualités

Des buses dans le ciel d’Ajaccio pour effaroucher les étourneaux

21 novembre 2024

I falcunaghji sò vultati in Aiacciu da spavintà i sturnelli. Dui buzagri sò stati scelti.

Les fauconniers sont de retour à Ajaccio. Comme chaque année depuis 2015, ils sont mandatés par la Ville d’Ajaccio pour mener une campagne d’effarouchement des étourneaux sansonnets sur plusieurs sites stratégiques de la commune. Cette année, ce sont des buses de Harris, prédatrices naturelles de ces oiseaux, qui ont été choisies pour les effrayer.

Quand les premiers frimas de l’hiver se font sentir, les étourneaux sansonnets investissent le ciel ajaccien, marquant une pause dans leur chemin migratoire vers l’Afrique du Nord. Ils peuvent également chercher à y élire domicile, attirés par les températures clémentes et sécurisés par la nourriture abondante qu’offre le territoire ajaccien :  des insectes, mais aussi des baies, notamment le myrte, particulièrement apprécié par l’espèce…

Si les nuages qu’ils dessinent dans le ciel s’avèrent aussi spectaculaires qu’esthétiques, les nuisances causées par leurs déjections corrosives agacent les Ajacciens. Il suffit de se balader du côté de la place du marché et et du parc Elisa pour constater les dégâts causés sur les trottoirs, les véhicules ou les équipements publics…

Les fientes de ces oiseaux véhiculent plus de 50 pathogènes et se transforment ensuite en poussière susceptible d’être inhalée par l’homme, ce qui peut-être dangereux pour la santé des personnes les plus vulnérables. Pour répondre à cet enjeu de santé et de salubrité publique, la Ville d’Ajaccio fait appel, depuis 10 ans, à des fauconniers, qui interviennent pour disperser les volatiles.

La méthode a prouvé son efficacité depuis 10 ans. Elle a été choisie par la municipalité pour sa philosophie respectueuse du « bien-être animal », tout en respectant la biodiversité : « Un effaroucheur ne tue pas, sa mission consiste juste à faire fuir les oiseaux », souligne Jean-Pierre Aresu, adjoint délégué à l’Hygiène et à la Santé.

Nicolas Noailles, co-gérant Phoenix Effarouchement et Jean-Pierre Aresu, adjoint délégué à l’Hygiène et à la Santé.

Créer un sentiment d’insécurité pour les oiseaux

Intervenant plutôt à la tombée de la nuit ou à l’aurore, la société Phoenix Effarouchement a évalué cette année la présence de près de 200 000 individus dans différents secteurs de la Ville.  Les lieux d’intervention se concentrent sur une dizaine de sites notamment la place Campinchi, le secteur de la gare maritime, la place Miot, le parc Berthault, le centre-ville et la Citadelle, l’entrée de ville et la zone de l’aéroport.

En quatre jours, la campagne est menée à bien grâce à une combinaison de plusieurs techniques alliant fauconnerie, pyrotechnie et éblouissement des oiseaux : « Ajaccio est un milieu propice pour les étourneaux, tant en matière de sécurité que de ressources disponibles. Comme nous ne pouvons agir sur la nourriture, nous jouons sur la sécurité en créant un traumatisme temporaire qui entraine un départ migratoire », explique Nicolas Noailles, fauconnier et co-gérant de la société Phoenix Effarouchement.

Cette année, ce sont des buses de Harris, prédatrices naturelles des étourneaux, qui sont à l’œuvre.

Parmi elles, un mâle, Alpha et une femelle, Alarielle, dont la simple présence sur le bras de leur maître suffit à affoler les mouettes et les goélands du secteur. Choisies pour leur très bonne adaptation au milieu urbain, ces buses s’intègrent parfaitement dans les arbres et arbustes où se nichent des étourneaux créant ainsi un climat hostile qui les fait fuir et les pousse à migrer vers d’autres zones de dortoirs en dehors de la ville.

L’an passé, la nuée ajaccienne d’étourneaux a même été aperçue du côté de la Sardaigne…  

Très territoriaux, les étourneaux continuent d’année en année à revenir en ville, mais la campagne menée chaque année à Ajaccio permet d’éviter qu’ils se fixent sur le territoire.  Leur parcours et leur nombre restent particulièrement sensibles aux conditions climatiques de l’année. Pour cette opération, la municipalité débourse 12 284 euros.

Ça peut vous intéresser
Partager
Facebook
Twitter
LinkedIn

En un clic

Le magazine d'Ajaccio