
À l’heure où la plaisance durable est devenue un défi majeur pour les territoires littoraux, le port Charles Ornano souhaite s’inscrire dans la dynamique du SEA Index®, un dispositif international de notation environnementale des yachts et bateaux de plaisance géré par la Superyacht Eco Association (SEA Index®) et initié par le Yacht Club de Monaco et son Directeur Général Bernard d’Alessandri. Une démarche qui permettra au port de la Ville d’Ajaccio de renforcer sa stratégie en matière de transition durable, tout en développant son attractivité auprès d’une clientèle de plus en plus sensible aux enjeux écologiques.
Développé en 2020 par le Yacht Club de Monaco, le Crédit Suisse (UBS Group), dans le cadre d’une démarche de transition écologique du secteur maritime, en partenariat avec le Crédit Suisse, le Sea Index® est un système de notation environnementale dédié aux yachts et aux bateaux de plaisance. Ce référentiel international vise à mesurer et comparer l’empreinte carbone des navires, principalement à travers leurs émissions de CO₂ et NoX (oxyde d’azote), afin d’encourager les armateurs et propriétaires à adopter des pratiques plus durables.
Dans le cadre de cette démarche partenariale, une délégation du Yacht Club de Monaco (YCM) conduite par Jérémie Laggarigue, directeur général adjoint, et Natalie Quévert, cheffe de projet SEA Index® et secrétaire générale de la Superyacht Eco Association (SEA Index®), a rencontré, le mercredi 6 mai 2026, plusieurs représentants des ports d’Ajaccio, Porto-Vecchio, Propriano, Cargese et Serra di Ferro (Porto Polo). L’objectif de cette rencontre était de présenter les enjeux et les modalités du dispositif, auquel ont déjà adhéré les ports de Bonifacio et de Saint-Florent.
Ils ont été accueillis à l’Hôtel de Ville d’Ajaccio par Jean-Christophe Comiti, conseiller municipal délégué aux affaires portuaires, Caroline Corticchiato, adjointe en charge de l’environnement et de la transition écologique, Christelle Combette, présidente de l’Office Intercommunale de Tourisme du pays ajaccien, ainsi que le directeur du port Charles Ornano, Paul Corticchiato, et le directeur de celui de Bonifacio, Michel Mallaroni.
Renforcer la stratégie environnementale du port Charles Ornano
Le principe du SEA Index® repose sur la mesure et la comparaison de l’empreinte carbone des navires, principalement à partir de leurs émissions de CO2. Chaque bateau se voit attribuer une note environnementale qui repose sur plusieurs critères, tels que sa taille, sa puissance, son type de motorisation, sa consommation énergétique ou encore les émissions produites.
Pour évaluer l’impact carbone des yachts, le SEA Index® s’appuie sur la méthodologie de l’Organisation maritime internationale, adaptée aux spécificités des yachts de plus de 10 mètres et des adaptations spécifiques pour ceux de plus de 24 mètres.
Cette démarche représente une opportunité pour le port Charles Ornano, qui franchirait ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale, en cohérence avec les doubles certifications « Port Propre » et « Port Propre Actif en Biodiversité », ainsi qu’avec le label « Pavillon Bleu » dont il est titulaire.
« À l’origine, SEA Index® concernait principalement les unités de grande plaisance. Aujourd’hui, la cible évolue et s’élargit, notamment aux bateaux à partir de 10 mètres. Cette évolution représente une réelle opportunité pour le port Charles Ornano. Le port compte environ 1 000 places, dont 700 en contrat annuel. L’idée serait d’encourager une large partie des usagers du port à intégrer la démarche SEA Index®, en accompagnant les propriétaires vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement : modernisation ou révision des moteurs, réduction de l’impact carbone, amélioration des performances énergétiques, etc. », souligne Paul Corticchiato, le directeur du port.
Un levier d’attractivité et de rayonnement
Par cette initiative, le port Charles Ornano confirme sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de transition écologique et de renforcer l’attractivité du territoire ajaccien auprès de plaisanciers responsables et engagés.
« Cet engagement constitue également un levier d’attractivité commerciale afin d’attirer de nouveaux clients sensibles aux enjeux environnementaux. Il permettrait également de s’inscrire dans un véritable esprit de réseau et de prestige, grâce à la collaboration avec le Yacht Club de Monaco tout en renforçant les liens portuaires entre la Côte d’Azur et la Corse », poursuit Paul Corticchiato.
Le SEA Index® permet en effet aux ports partenaires d’identifier les navires les plus vertueux et de mettre en place des dispositifs incitatifs, tels que des priorités sur listes d’attente, des facilités d’accueil ou, à l’image de ce qui est déjà pratiqué à Monaco, certaines remise commerciales. À l’inverse, certains ports peuvent également envisager des mesures tarifaires pour les unités les moins performantes sur le plan environnemental.
A ce jour, 25 ports dans le monde sont partenaires du SEA Index®. Le Yacht Club de Monaco a par ailleurs récemment signé un accord la Japan Marina & Beach Association, gestionnaire de 87 marinas au Japon.