U sarcofagu dittu di u « BON PASTEUR » hè statu rifattu nanzu di vultà in San Ghjuvà

Depuis les années 60, les visiteurs du Palais Lantivy pouvaient admirer, dans le hall de la Préfecture, le sarcophage dit « du Bon Pasteur », un vestige du IVe siècle, en marbre de Carrare, retrouvé lors de fouilles archéologiques en 1938 dans la nécropole Saint-Jean. Cet objet, représentatif des premiers vestiges paléochrétiens à Ajaccio et classé au titre des Monuments historiques, a été récemment descellé de son socle et fait l’objet d’une restauration sous l’égide de la Ville d’Ajaccio, avant de retrouver son site d’origine. En effet, à partir du 9 avril prochain, le grand public pourra le découvrir dans son nouvel écrin sur le site de l’Antiquarium, au cœur du quartier Saint-Jean, dans un espace dédié, situé à proximité des vestiges du baptistère.
UNE RESTAURATION ORGANISÉE DANS LA COUR DU PALAIS FESCH – MUSÉE DES BEAUX-ARTS

87 ans après sa découverte, c’est une nouvelle page qui s’écrit pour le sarcophage dit du « Bon Pasteur ». La Ville d’Ajaccio, la direction des Affaires Culturelles de Corse (DRAC) et l’association « Société archéologique de la Corse-du-sud » ont signé une convention qui autorise le déplacement de ce vestige datant du IVe siècle et classé au titre des Monuments historiques en 1939 pour qu’il soit désormais conservé et présenté au public à l’Antiquarium Saint-Jean. Un espace de médiation culturelle a été aménagé par la municipalité dans le but de valoriser les vestiges du baptistère paléochrétien Saint-Jean et de sa nécropole mise au jour, en 2005, par une équipe de chercheurs de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP).
Cette opération fournit l’opportunité à la Ville d’Ajaccio d’entreprendre une campagne de restauration. « L’occasion de redécouvrir une lecture technique de l’objet et la façon dont il a été produit. La direction des Affaires Culturelles accompagne cette opération au titre du contrôle scientifique et technique. Nous sommes présents à chaque étape aux côtés de la ville sur ces interventions », explique Guillaume Deslandes, le directeur des affaires culturelles de corse.
Descellé de son socle il y a une dizaine de jours, avec l’aide de l’entreprise Firroloni, le vestige a rejoint la cour du Palais Fesch, mardi 11 mars, grâce aux moyens engagés par la société de transport ARTRANS, spécialisée dans la manutention et le transport d’œuvres d’art.
L’occasion pour Stéphane Sbraggia, le maire d’Ajaccio et président de la CAPA de rappeler les contours de la politique patrimoniale de la Ville engagée depuis 2014 : « En tant que responsables politiques et citoyens, nous avons l’obligation de sauvegarder, rénover et transmettre notre patrimoine. Le sarcophage retrouvera son lieu d’origine, dans un espace de médiation, avec des visites, ateliers et conférences. Nous travaillons depuis des années sur des projets comme l’activation de la Citadelle, la piétonnisation de la ville génoise, la rénovation de la statuaire publique, la valorisation du Casone, la requalification de la place Campinchi et la sauvegarde de son quai napoléonien, et très bientôt l’achèvement du chantier bibliothèque Fesch … Ce patrimoine renforce notre identité et soutient notre stratégie touristique et de promotion territoriale d’Ajaccio et du grand Ajaccio », a détaillé l’élu.
Depuis le 12 mars et jusqu’au 8 avril 2025, l’équipe de restauratrices composée de Louise Rouillé et Lucie Antoine, diplômées en Conservation-Restauration des œuvres sculptées, sont à pied d’œuvre et procèdent à une restauration minutieuse du sarcophage.
Les altérations identifiées mises au jour dans une étude réalisée en 2019 seront traitées afin de préserver l’intégrité de l’œuvre. « Après la vérification des armatures qui soutiennent les blocs de terre et leur traitement, nous travaillons actuellement au nettoyage de la résine qui relie les lignes de fractures de la sculpture (bouchages débordants). Le but est d’éliminer complètement cette résine pour retrouver la surface originale de la pierre. Une fois cette étape terminée, nous procéderons au nettoyage, mais la méthode traitement reste encore à déterminer, que ce soit par micro-sablage ou à la vapeur, en fonction des choix opérés par la DRAC et la Ville. Enfin, nous réaliserons le bouchage des zones de fracture à l’aide de poudre de pierre liée à un adhésif dans le but d’harmoniser la matière avec la couleur de la pierre d’origine », explique Lucie Antoine.
Une délicate opération d’élimination du socle en béton armé qui scellait le sarcophage à son support de la préfecture est également en cours. Les restauratrices devront réaliser une semelle de maintient permettant de répartir le poids et de le reposer sur une surface stable ce qui garantira également sa conservation.

PIÈCE MAÎTRESSE DE L’ANTIQUARIUM SAINT-JEAN
À partir du 9 avril, le sarcophage, restauré, sera intégré à l’Antiquarium Saint-Jean et présenté au public dans ce nouveau lieu de médiation culturelle.
Cet espace, dédié à la mise en valeur du patrimoine archéologique exceptionnel de ce secteur du quartier Saint-Jean permettra aux visiteurs de découvrir les vestiges du baptistère paléochrétien datant du VIe siècle, ainsi que le sarcophage dans son contexte d’origine.
« L’espace de médiation proposera des films 3D. Pour ce projet, la ville s’est assurée l’aide de Daniel Istria, l’archéologue qui a assuré les fouilles de la nécropole Saint-Jean, et 20 ans après, après avoir retravaillé son étude de fouilles et ses conclusions, il a trouvé de nouvelles pistes. L’étude du Sarcophage, quant à elle, a été réalisée par la grande spécialiste des sarcophages paléochrétiens, Vassiliki Gaggadis-Robin. Ces deux spécialistes viendront à l’occasion des Journées Européennes du patrimoine présenter leurs nouvelles recherches et leurs nouvelles découvertes au public », informe Marie-Laure Mosconi, directrice des patrimoines de la Ville d’Ajaccio.
Cette réintégration sur le site d’où il a été exhumé constitue un moment clé dans la valorisation du patrimoine local et dans l’enrichissement de la compréhension des origines de l’histoire d’Ajaccio.
Le coût de cette restauration s’élève à 89 869 € TTC, financés à 65% par la Ville d’Ajaccio,22% par la Collectivité de Corse et 13% par l’État.

À PROPOS DU SARCOPHAGE DIT DU « BON PASTEUR »
Le sarcophage dit du « Bon Pasteur » a été découvert sans couvercle le 2 juillet 1938 lors de travaux réalisés à la scierie de monsieur Antoine Manganelli, sur le site qualifié aujourd’hui de nécropole Saint-Jean (au pied de la chapelle Pugliesi-Conti), dans le quartier éponyme à Ajaccio.
Le sarcophage, de dimensions imposantes (hauteur de 55 à 58 cm, longueur de 185 cm, largeur de 53 cm), et pesant une tonne, a été daté du début du IVe siècle. Il présente un décor iconographique fusionnant des éléments païens et chrétiens, typiques de la période de transition entre l’Antiquité et le Christianisme. La frise continue qui orne la cuve représente des figures allégoriques des saisons et, au centre, une scène mettant en valeur le défunt entouré de symboles bucoliques. Elle évoque la nature et le cycle de la vie. Cette œuvre exceptionnelle, faite de marbre de Carrare, témoigne de l’art et des croyances de l’époque.
Dans les années 60, il est offert à l’association « Société archéologique de la Corse-du-sud » par monsieur Manganelli. C’est à partir de ce moment qu’il intègre le Palais Lantivy pour y être exposé dans le hall de la Préfecture.
À PROPOS DE L’ANTIQUARIUM SAINT-JEAN
L’Antiquarium Saint-Jean est un espace dédié à la préservation et à la valorisation du patrimoine archéologique d’Ajaccio, en particulier des vestiges du baptistère paléochrétien, classé au titre des Monuments historiques en 2013. Situé dans le quartier Sain-Jean, le projet d’édification débuté en 2020 a été confié au groupement « Orma Achitettura – CGZ Architecte – Beaumeco- Sinetic – Ingenia ». Ils se compose de deux grands pôles : une salle de médiation patrimoniale située au rez-de-chaussée de l’immeuble ALBAN, où sont implantés les locaux de la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien. À l’extérieur, l’ouvrage met en valeur le baptistère et ses vestiges, de jour comme de nuit, grâce à un éclairage spécifique. La structure qui vient abriter les vestiges est constituée d’une sous-face réalisée à partir de terre. Avec cette touche minérale, le but est de donner l’impression que la couverture est extraite du sol pour mieux mettre en valeur les vestiges antiques.
Le site archéologique est protégé par un revêtement en verre courbé, afin de pouvoir l’apprécier « à 360° ». Aux abords, des gradins positionnés à l’antique permettent d’ouvrir l’espace, avec la volonté de proposer un lieu de vie et d’échanges favorisant la médiation culturelle et la contemplation du site archéologique.
| VISITES SCOLAIRES PENDANT LA RESTAURATION DU SARCOPHAGE Des visites scolaires auront lieu sur le site de la restauration du sarcophage, cour du Palais Fesch, pour les élèves de deux classes de l’école Forcioli-Conti, mardi 1er avril. Le mercredi 2 avril au matin, ce sont les enfants du centre U Borgu qui viendront voir le travail des restauratrices. |