Uriintazioni bugittaria pà u 2026 : a Cità d’Aiacciu è a CAPA parsuvitani a so pulitica di rigori pà appruntà l’avvena
Dans le cadre de leur débat d’orientation budgétaire 2026 respectifs, la Ville d’Ajaccio et la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien (CAPA) présentent leurs grandes orientations financières pour les années à venir. Ces éléments seront soumis aux votes du conseil municipal et du conseil communautaire lors de l’examen des budgets primitifs des deux collectivités.
Face à des contraintes extérieures inédites, la municipalité et la communauté d’agglomération font le choix de la responsabilité : maîtriser leurs dépenses, adapter leurs recettes et maintenir des niveaux d’investissement indispensables au dynamisme

Ville d’Ajaccio
Une décennie de gestion rigoureuse sans hausse d’impôts
Depuis 2014, la Ville n’a pas eu recours au levier fiscal, tout en soutenant un effort d’investissement constant. Dans le même temps, elle a absorbé des chocs financiers majeurs : baisse des dotations de l’État, hausse imposée des charges salariales liée notamment à la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, à l’évolution des régimes indemnitaires et à l’augmentation des cotisations retraites, ainsi que diverses évolutions réglementaires.
Malgré près de 13 millions d’euros de pertes d’épargne subies, la collectivité a amélioré sa situation financière, portant son épargne de 6,1 M€ à 7,2 M€ entre 2015 et 2024.
Cette trajectoire repose sur une gestion rigoureuse, avec une progression des dépenses directement maîtrisées par la Ville limitée à environ 1,25 % par an.
2025 : une rupture brutale et durable
L’année 2025 marque un tournant. L’épargne chute de 7,2 M€ à 2,1 M€, sous l’effet cumulé :
- De la baisse de certaines recettes fiscales décidée au niveau national ;
- De la hausse des cotisations retraites imposées aux employeurs publics ; Ces évolutions, indépendantes des choix municipaux, créent un déséquilibre structurel estimé à près de 3 M€. L’année 2025 marque également le retrait marqué et durable du soutien à l’investissement, tant au niveau de l’État qu’au niveau de la Collectivité de Corse (sous la forme d’une « année blanche » pour cette dernière). Ceci induit un déficit structurel de près de 2,5M€. Sans mesure corrective, les marges de manœuvre seraient rapidement épuisées, avec un risque de disparition des excédents de fonctionnement dès 2027. Une méthode claire : rigueur, priorisation, responsabilité Face à cette situation, la Ville d’Ajaccio engage une phase de rigueur assumée :
- Des dépenses de fonctionnement contenues sous l’inflation ;
- Une adaptation des effectifs, avec un non-remplacement partiel des départs à la retraite, quand la situation le permet, sans diminution de la qualité du service ;
- Une priorisation des politiques publiques pour préserver les services essentiels. Cet effort interne est indispensable et sera poursuivi dans la durée.
Un ajustement fiscal ciblé et mesuré
Pour la première fois depuis 2014, la Ville d’Ajaccio n’a d’autres choix que d’activer le levier de la fiscalité foncière.
Ce choix est strictement encadré :
- Il ne concerne ni les entreprises ni les bases fiscales ;
- Il repose uniquement sur la taxe foncière, due exclusivement par les propriétaires, et ne concerne ni les locataires ni l’ensemble des ménages. Le taux de taxe foncière pourrait ainsi évoluer de 30,65 % à 36,47 %. Par propriétaire de résidence principale concerné, cela représenterait en moyenne une augmentation de 139 € par an, soit 11,60 € par mois. Cet ajustement permet également de préserver l’éligibilité à certaines dotations de l’État, notamment le FPIC et la DNP, dont le maintien est conditionné à l’effort fiscal. À défaut, la Ville s’exposait à une perte de recettes pouvant atteindre 2,5 M€ à l’horizon 2028. Ce qui aurait nécessité d’augmenter la fiscalité pour compenser de telles pertes. À la suite de cette hausse, Ajaccio présente un taux de fiscalité se situant dans la moyenne de celui des communes de même strate. Maintenir l’investissement pour soutenir le territoire Malgré les contraintes, la Ville d’Ajaccio maintient un objectif de 18 M€ d’investissement par an. Cet engagement est essentiel pour :
- Soutenir l’économie locale et l’emploi ;
- Répondre aux besoins quotidiens des Ajacciens et accompagner les projets structurants ;
- Préparer l’avenir du Pays ajaccien, dans un contexte de recul marqué des soutiens extérieurs. Assumer des choix clairs pour l’avenir La Ville d’Ajaccio fait aujourd’hui un choix de responsabilité :
- Refuser la dégradation des services publics ou une hausse généralisée et brutale de la fiscalité ;
- Assumer une gestion rigoureuse, un effort mesuré et le maintien de ses ambitions.
Après dix ans sans augmentation fiscale, ces orientations permettent de préserver l’essentiel : un service public de qualité, une capacité d’investissement maintenue et un avenir consolidé, malgré les contraintes inédites imposées à la Ville d’Ajaccio.
Communauté d’Agglomération du Pays ajaccien
Depuis 2020, la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien a réalisé près de 160 M€ d’investissement au service du territoire (soit près de 27 M€ par an).
Sur la même période, avec la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), le territoire a perdu une dynamique fiscale évaluée à plus de 500 000 € par an. La compensation de ces pertes de recettes par le reversement d’une fraction de TVA collectée au niveau nationale est quasiment figée depuis 3 ans et ne permet pas de compenser l’évolution des dépenses.
Par ailleurs, dans le cadre de la mise à contribution des collectivités au redressement des comptes publics, la CAPA a perdu au fil des ans de nombreuses compensations entre 2020 et 2026, dont :
- La compensation de la réforme de la taxe professionnelle : – 0,8 M€.
- La dotation globale de fonctionnement : – 0,45 M€
La CAPA, qui percevait 1,059 M€ de fonds de péréquation intercommunal et communal net (FPIC) en 2020, n’en percevra plus que 865 000 € en 2025 et sera même contributrice à hauteur de 450 000 € en 2028, soit une perte de plus de 1,5 M€.
Dans le même temps pour répondre aux besoins du territoire et assurer un service public de qualité, les dépenses réelles de fonctionnement ont augmenté de + 25,3 %, tandis que les recettes réelles n’ont progressé que de + 14,2 %.
À l’instar du choix opéré par la Ville d’Ajaccio, la CAPA devrait également proposer – lors de son débat d’orientations budgétaires prévu le 16 avril – d’engager des actions résolues de maîtrise de ses dépenses de fonctionnement, de rationalisation de ses investissements et de faire évoluer sa fiscalité.
La taxe foncière, c’est quoi ?
La taxe foncière fait partie des impôts locaux à payer une fois par an. Elle est due par tout propriétaire, au 1er janvier, d’un appartement ou d’une maison. Cette taxe est calculée à partir de la valeur locative du logement, c’est-à-dire le loyer annuel théorique que la propriété pourrait générer si elle était louée. Un pourcentage d’imposition, voté par les collectivités locales, est ensuite appliqué.
L’avis d’imposition est envoyé une fois par an, automatiquement, au cours du dernier trimestre de l’année. Il est également possible de le consulter dans l’espace particulier sur www.impots.gouv.fr.
La taxe foncière ne concerne pas :
– Les personnes âgées de plus de 75 ans si elles ont des ressources inférieures à un certain plafond ;
– Les bénéficiaires de certaines allocations (allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation supplémentaire d’invalidité, allocation aux adultes handicapés).
Source : Agence nationale pour l’information sur le logement.